1. Je n’aime pas du tout être une mère intrusive, j’ai horreur de ça, c’est très désagréable.

     
  2. Dans la grande maison donnant sur la plage, au milieu de nombreux vieux Suisses, il y a un jeune et beau garçon brun, le fils de l’un d’entre eux. Il est bien habillé, discret, il garde ses distances. Lorsqu’un soir alors que nous sommes plusieurs autour de la table, face à la mer pour ceux qui ont le dos contre la maison, il confie à sa mère ainsi qu’au reste de la tablée ses affaires sentimentales. Il sort avec une fille, dont il est l’amant, il souhaite la quitter car une autre fille vient de lui révéler son amour. Cela le tourmente. Celle dont il ne veut plus est en vacances en Inde, il ne voudrait pas lui gâcher ses vacances, mais ne rien lui dire gâcherait ses vacances à lui. Sa mère lui dit : c’est étonnant comme les situations se reproduisent. Je ne suis pas sûre qu’il entende ce qu’elle dit. Le lendemain il part faire le tour de l’île sur un bateau effilé appelé Lazer, il est soulagé, presque joyeux. J’ai retenu qu’il est danseur, dans un ballet contemporain, j’ai retenu que la fille fait partie du même ballet, j’ai retenu le prénom de la fille. Je viens d’aller sur le site de la Compagnie et j’ai longuement regardé le visage de la fille.

     
  3. Je grimpe sur mon vélo pliable blanc des années 70, celui que Mattéo à trouvé à la décharge la semaine dernière. J’adore ce vélo, je vais à toute vitesse, je me tiens bien droite. J’arrive sur la jetée, ton bateau arrive, tu es là, à l’avant vétu de ton tee-shirt marin et de ta veste bleue. Tu me souris. Je ne bouge pas. Tu débarques, portant ton sac de voyage noir sur l’épaule. Tu avances vers moi et me prends dans tes bras. Je me serre contre toi, t’embrasse dans le cou tout en tenant toujours mon vélo de la main gauche.

     
  4. Le matin, je nage dans l’océan très frais avant de prendre mon petit déjeuner et toute la journée je me souviens de l’eau fraîche sur mon corps.

     
  5. Je dors avec eux. Je suis jeune.

     
  6. Ils sont tous partis, une fille, un garçon et un homme. Je suis à Paris et je travaille tous les jours, le samedi et le dimanche aussi. Je n’ai rien prévu, rien, je n’ai pris aucun rendez-vous. En sortant du travail, je m’arrête chez Momo Prix et j’achète un avocat, une boule de mozzarelle, et un paquet de krisprols. Je nettoie la table des miettes qui restent de la veille et je mange dans le silence. 

     
  7. Ecouter un écrivain parler, me donne envie d’écrire.

     
  8. Je t’appelle et je te dis : “voilà ce que je veux, être dans mon lit entouré de toi et mes enfants, vous regarderez le match tandis que je m’endors.”

     
  9. J’ai entendu cette association de mots : analogie féconde. J’ai trouvé ça formidable. 

     
  10. C’est en partant de la maison de Sandrine au Vésinet, oui j’ai été au Vésinet, au environ de deux heures trente du matin que sur mes indications nous prenons une mauvaise route. Nous longeons un interminable mur de pierres, pierre comme toi, tu t’appelles Pierre. Lorsque sur notre gauche nous sommes les seuls spectateurs d’une femme qui danse, tourne, glisse, se trémousse, serre entre ses cuisses le réverbère qui l’éclaire. 

     
  11. Je sors beaucoup, je parle beaucoup, je rencontre des gens. Je suis entrée dans une spirale énergisante en même temps qu’asphixiante. C’est à cause du temps, si je le prends pour vivre, alors je n’en ai plus assez pour observer. Je ne sais pas être dehors et dedans.

     
  12. Vous êtes Philippe Dumez ? Je suis Céline Saby

     
  13. En Corse, les cigarettes sont moins chères, les hommes tirent des coups de fusils dans la nuit, les routes donnent envie de vomir, la montagne tombe dans la mer, l’eau est fraîche et transparente, le fromage est au lait de brebis, les gens sont seuls dans leur village, les vieilles femmes ne sont pas commodes, les jeunes n’ont pas envie de venir travailler sur le continent, la salle des fêtes est éclairée aux néons comme partout, les oranges que tu ramasses dans le jardin sont délicieuses…

     
  14. J’ai un projet, c’est un beau projet, j’y pense beaucoup, il est magnifique.

     
  15. J’ai rencontré une femme. Elle m’a racontée que chaque matin son mari posait à l’horizontal, sur la table, les bouteilles de lait vides afin d’en récolter les dernières gouttes. Depuis je ne regarde plus les bouteilles, ni aucun autre contenant de la même façon.